La chirurgie médico-chirurgicale et la dermoscopie

Le dermatologue est le médecin spécialiste de la peau, de la bouche, des organes génitaux externes, des ongles et du cuir chevelu. C'est un domaine très vaste puisque la peau est l'organe le plus important de l'organisme en taille et qu'elle peut souffrir directement ou indirectement de nombreuses pathologies.

 

En dehors de la prise en compte du rajeunissement par la médecine esthétique et les différents traitements au laser, la dermatologie est une spécialité qui réunit une base médicale et scientifique importante destinée à diagnostiquer les maladies de la peau comme l'acné, les maladies infectieuses ou les MST et un savoir-faire chirurgical destiné à diagnostiquer et enlever les tumeurs cutanées (y compris les tumeurs cancéreuses).

La dermatologie médicale

Elle soigne notamment :

 

L'acné qui est la maladie cutanée la plus courante du monde. Les facteurs familiaux sont prédisposants. L'acné touche surtout l'adolescent (les garcons plus que les filles), mais elle n'est pas rare chez l'adulte (acné tardive). Cette aggravation de l'acné à l'âge adulte peut se produire avec des périodes menstruelles, être liée à l'utilisation de la pilule contraceptive, de produits à base d'huile et au stress.

 

Les cheveux. Certaines maladies peuvent atteindre le cheveu lui-même ; d'autres, la peau sur laquelle sont implantés les cheveux (cuir chevelu). Les maladies du cuir chevelu sont nombreuses. Parmi les principales, citons les maladies de peau (eczéma, psoriasis, lichen, réactions médicamenteuses…), la pelade, la chute de cheveux, l'alopécie andro-génétique, la perte de cheveux (effluvium télogène) subite ou tardive, les anomalies des cheveux accompagnant ou révélant des maladies générales ou génétiques. Les pellicules constituent l'affection du cuir chevelu la plus fréquente. Il s'agit, en général, d'une maladie peu grave et très courante nommée «dermite séborrhéique». Elle provoque le développement d'un champignon de la peau, incitant ainsi une inflammation, des pellicules et des démangeaisons du cuir chevelu.

 

Les ongles peuvent être atteints dans de nombreuses affections cutanées qui peuvent être dues à des infections bactériennes ou fongiques touchant l'ongle ou le pli de l'ongle. Très répandue, la mycose des ongles (oncychomycose) est une infection provoquée par des champignons qui colonisent les ongles des orteils ou des doigts de la main. C'est une affection bénigne mais nécessite un traitement long par voie orale. Il est préférable de consulter le plus tôt possible. Les maladies de l'ongle secondaire peuvent apparaître comme des dépressions sur la tablette unguéale qui peut se séparer du lit de l'ongle. L'ongle peut perdre son aspect lisse et se décolorer. L'ongle peut aussi s'épaissir de manière grossière. Par ailleurs, un ongle traumatisé peut montrer un aspect rugueux, des fissures ou manquer partiellement.

 

Les allergies cutanées qui sont les plus visibles mais pas toujours les plus faciles à traiter car elles revêtent des aspects très divers. L'une des formes les plus banales est l'urticaire. Une autre sorte très répandue est constituée par l'eczéma. Cependant, ce terme désigne en réalité plusieurs maladies allergiques, en fait assez différentes. Les plus fréquentes d'entre elles sont représentées par l'eczéma atopique du nourrisson (d'origine héréditaire) et l'eczéma allergique de contact de l'adulte. L'eczéma est une dermatite. Il en existe deux types : la dermatite de contact allergique et la dermatite de contact irritant. La dermatite de contact allergique (DCA) est une réaction immunitaire de la peau au contact d'une substance allergène.

La dermatologie chirurgicale

La chirurgie dermatologique ou cutanée correspond à une chirurgie d'éxérèse et de reconstruction de toutes les tumeurs cutanées et sous-cutanées (grains de beauté, kystes épidermiques, lipomes, etc…), bénignes ou cancéreuses (carcinome baso-cellulaire et spino-cellulaire) et des tumeurs des parties molles non viscérales. Cette discipline comprend la chirurgie cutanée, oncologique et réparatrice.

Les indications

La chirurgie dermatologique permet de traiter préventivement des lésions potentiellement dangereuses ou seulement de retirer des lésions bénignes inesthétiques ou gênantes. Elle concerne les lésions bénignes comme des grains de beauté disgracieux, les kératoses (faussement nommées verrues) séborrhéiques, de petites excroissances disgracieuses, les excès de graisses (adénome sébacé, petit lipome sous la peau, petit dépôt de cholestérol sous les paupières) qui peuvent être enlevés dans la très grande majorité des cas au cabinet médical du dermatologue.

Pour les lésions malignes ou précancéreuses, le traitement est le plus souvent chirurgical. Du fait du vieillissement de la population, ces cancers cutanés augmentent de manière très significative et siègent fréquemment sur le visage, car ils sont souvent liés à l'exposition solaire. Outre la face et les membres, la chirurgie dermatologique traite aussi des ongles, du cuir chevelu et des muqueuses. Elle concerne également la reprise des cicatrices.

 

Les actes les plus fréquents concernent les tumeurs lipomateuses bénignes, les kystes sébacés et les cancers de la peau : les carcinomes basocellulaires, les carinomes spinocellulaires, les mélanomes. Les techniques utilisées sont la cicatrisation dirigée (fermeture à l'aide de pansement pendant plusieurs semaines), la suture directe (lorsque la lésion est petite), la technique des lambeaux (mobilisation de la peau adjacente à la lésion pour fermer le défect), la greffe (prélèvement d'une partie de la peau ou de sa totalité sur une autre zone du corps). La greffe et le lambeau sont réservés à des lésions de taille plus importante. Cette chirurgie peut s'effectuer au cabinet sous courte anesthésie locale la plupart du temps. En cas de lésion plus volumineuse, elle se fait sous anesthésie générale et nécessité une hospitalisation, ambulatoire ou de 24 à 48 heures.

La dermoscopie

La dermoscopie est devenue la méthode de référence dans l'analyse des lésions cutanées pour lesquelles on suspecte un risque de cancer et leurs prises en charge différenciées. Il s'agit d'une technique d'examen de la peau avec un outil optique spécifique (le dermascope) permettant d'éclairer la lésion de manière oblique et supprimant les reflets de la couche cornée, soit par immersion dans un liquide, soit par l'utilisation d'un filtre polarisant. A l'aide d'un système optique, les structures jusqu'au derme réticulaire peuvent être visualisées. Ce qui permet d'accéder aux couches plus profondes de la peau et de les visualiser en profondeur grâce à un très fort grossissement (entre dix et vingt fois). Il permet aussi de voir certaines parties de la peau non visibles à l'œil nu (les vaisseaux par exemple) et visualiser les nævus, c'est-à-dire les «grains de beauté ». L'image ainsi agrandie conduit à un diagnostic plus précis et plus précoce des lésions pigmentées malignes qui nécessiteront une biopsie. L'examen est indolore, non invasif, sans effet secondaire, ni complication. Il faut éviter de se maquiller et de mettre du vernis à ongles avant la séance.